La très bonne récolte de 2025 se retrouve confrontée à un contexte de marché difficile, caractérisé par des prix internationaux bas, des importations en hausse et une pression accrue sur les prix dans le commerce de détail. En conséquence, les prix d’achat des céréales dans le système MAXI sont inférieurs à ceux des années précédentes. Les prix d’achat des oléagineux ont en revanche pu être augmentés. Dans le secteur bio, les prix de paiement sont restés stables à un niveau élevé.
Lors du MAXI-Event qui s’est tenu aujourd’hui à Soleure, fenaco Céréales, Oléagineux, Matières premières (GOF) a communiqué les prix de paiement aux centres collecteurs du système MAXI. Après une année 2024 particulièrement mauvaise, la récolte 2025 s’avère nettement meilleure et s’est transformée en une année record avec des rendements élevés et une qualité convaincante. Dans le cadre de la campagne de commercialisation 2026, fenaco GOF est toutefois confrontée à des prix internationaux bas, à des importations en hausse et à une pression accrue sur les prix dans le commerce de détail. En conséquence, les prix d’achat pour les céréales sont inférieurs à ceux des années précédentes. Les prix de paiement pour les oléagineux ont en revanche pu être augmentés. Le potentiel de culture de ces produits reste élevé. « Là où nous pouvons mettre en avant de manière convaincante les avantages de l’origine suisse dans la commercialisation, nous obtenons des prix supérieurs à la moyenne pour les productrices et producteurs et les incitons à étendre leurs surfaces cultivées », souligne Joseph von Rotz, responsable Opérations commerciales GOF Suisse.
Commercialisation difficile des céréales panifiables
En Suisse, la récolte 2025 a permis de récolter près de 440 000 tonnes de céréales panifiables, soit environ 190 000 tonnes de plus que lors de la faible récolte de l’année précédente. A l’échelle internationale également, les récoltes ont été nettement supérieures à celles de l’année précédente. En revanche, la forte hausse des importations de produits semi-finis et finis ainsi que de pâtons, conjuguée au transfert des volumes de production à l’étranger, réduit les quantités moulues par les minoteries. L’offre mondiale abondante, combinée à une faible demande, entraîne des prix bas sur le marché mondial. Il en résulte d’importants écarts de prix entre les céréales et les farines importées. La concurrence intense dans le secteur du pain et des produits de boulangerie au sein du commerce de détail suisse a encore aggravé la situation. Ces évolutions du marché ont conduit à la nécessité de stocker de grandes quantités de céréales, ce qui entraîne une augmentation des coûts logistiques et de stockage. En conséquence, les prix de paiement dans le système MAXI pour les céréales panifiables ont été réduits de CHF 1.50 à 1.75 par décitonne par rapport à l’année précédente. Alors qu’ils dépassaient encore de CHF 0.50 à 1.50 le prix indicatif en 2024, ils sont désormais inférieurs de CHF 0.50 à 1.00 pour la récolte 2025.
Potentiel de culture pour le colza et le tournesol
Les prix de paiements finaux pour le colza et le tournesol de la récolte 2025 s’inscrivent dans la tendance positive des années précédentes. Les prix ont pu être augmentés de CHF 1.50 à CHF 2.00 par décitonne. L’augmentation des volumes de récolte de colza et de tournesol entraîne des excédents en raison de capacités de pressage insuffisantes. La mise en service d’une usine de pressage supplémentaire de Florin AG au printemps 2026 à Muttenz (BL) permettra de créer des capacités de pressage supplémentaires. Actuellement, la production indigène est loin de couvrir la demande. Il existe donc un fort potentiel d’extension des surfaces cultivées en Suisse.
Rendements élevés pour les céréales fourragères malgré une protection douanière insuffisante
La deuxième récolte de céréales fourragères la plus importante de ces dix dernières années a permis de couvrir les besoins avec des produits nationaux pendant une période nettement plus longue, notamment pour le maïs et le blé. Il existe un potentiel de culture supplémentaire tant pour le maïs fourrager que pour le blé fourrager. Cela suppose toutefois une protection douanière adéquate, en particulier les années où la production indigène est élevée. Une protection douanière adéquate est déterminante pour la formation des prix des produits indigènes, car les prix internationaux sont également bas pour les céréales fourragères. Au cours des derniers mois, la protection douanière pour le blé et le maïs a parfois été insuffisante. Cela a eu pour conséquence que les céréales fourragères indigènes ont été confrontées à une concurrence accrue.
Marché bio : prix d’achat à un niveau élevé et stable
Le marché bio suisse fait face à des défis. Alors que la production a battu des records en 2025, y compris dans le secteur bio, l’évolution dans le commerce de détail est faible. Des stocks d’importation élevés et des volumes de transformation en baisse pèsent sur le marché, et les capacités de stock de report sont sollicitées. Les prix de vente restent au niveau de l’année précédente, conformément aux prix indicatifs de Bio Suisse. Pour 2026, les céréales fourragères bio restent recherchées, avec pour le blé une nette préférence pour les teneurs élevées en protéines. L’épeautre, le seigle et l’avoine flocons peuvent être légèrement augmentés dans la nouvelle campagne. Des quantités record ont également été atteintes en 2025 pour les oléagineux bio. La commercialisation est terminée, mais il subsiste des stocks de report. En ce qui concerne le soja bio, les quantités de soja fourrager restent particulièrement recherchées en raison des directives relatives à l’alimentation des ruminants. La part indigène dans les céréales fourragères bio s’élève à 86,05 %. Afin de ne pas peser davantage sur le marché et les prix des aliments composés, 1 500 tonnes de maïs seront reportées sur la récolte 2026.
Les avantages du système MAXI
En étroite collaboration avec une centaine de centres collecteurs, le groupe fenaco-LANDI commercialise, dans le cadre du système MAXI, une part importante des céréales panifiables et fourragères suisses ainsi que des oléagineux suisses. Les centres collecteurs se concentrent sur la prise en charge, le traitement, la conservation et le stockage des produits des agricultrices et agriculteurs. fenaco assure la logistique, la commercialisation et le financement. La gestion de l’offre garantit la culture et les quantités des produits demandés dans les différentes régions et favorise une bonne commercialisation. Avec le système MAXI, fenaco regroupe l’offre face aux transformateurs suisses, assurant ainsi des recettes de commercialisation les plus élevées possibles pour ses membres. Les productrices et producteurs bénéficient d’une sécurité financière peu après la récolte. Avec plus de 200 millions de francs de prestations préalables par an, fenaco garantit ainsi la sécurité et la stabilité financières de l’agriculture suisse. Les prix moyens des décomptes sont communiqués lors du MAXI Event, qui se tient chaque année en avril.
